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La bataille de Zama – Otto van Veen (1556 – 1629)

Ecole flamande du XVIe siècle, atelier d’Otto van Veen. Huile sur panneau.

Dernier épisode de la deuxième guerre punique, la bataille de Zama en 202 avant JC. voit s’affronter deux armées dans une nuit illuminée de la seule lueur des torches. Menés par le célèbre Hannibal, les Carthaginois vêtus à la mode ottomane envoient leurs éléphants de guerre sur les phalanges romaines conduites par Scipion l’Africain. Notre artiste déploie le savoir-faire des artistes du Nord pour représenter une foule compacte de personnages traités dans une veine maniériste : les muscles sont saillants, les chevaux puissants et la gestuelle marquée. Conscient de l’importance des contrastes, il peint une lumière rayonnant depuis le centre de la composition dont la réverbération sur les lances et les étendards renforce le caractère dramatique de l’ensemble. 

L’histoire de la bataille de Zama connaît un écho politique particulier au XVIe siècle, les catholiques du sud des Pays-Bas comparant leur lutte contre les protestants du Nord à l’affrontement entre Rome et les barbares africains. Vers 1584, Otto van Veen se met au service du duc de Parme et gouverneur des Pays-Bas espagnols, Alexandre Farnèse (1545 – 1592). Celui-ci a probablement souhaité célébrer en peinture la suite ininterrompue de victoires qu’il obtint sur les protestants, en particulier la mort de Guillaume d’Orange en 1584 et la prise d’Anvers l’année suivante. Une autre version du sujet, actuellement conservée au musée des Beaux-Arts d’Orléans, montre le même schéma de composition. Probablement réalisée quasi-simultanément, notre version présente un surcroît de détails dans les étendards brandis par la troupe et un meilleur état de conservation. Rarement figurée dans les arts, la bataille de Zama n’a connu qu’une seule autre représentation par l’artiste Cornelis Cort vers 1570, dont le tableau fut transposé en gravure. On y retrouve la même omniprésence des éléphants mais la scène, traitée de jour, semble moins tumultueuse et la bataille paraît plus rangée.

La peinture est signée en bas à gauche d’un monogramme G AVF F.

Nous avons choisi de vous présenter l’œuvre dans une cadre en bois sculpté noirci et doré du 17e siècle dit cadre Salvator Rosa.

Dimensions : 47 x 80 cm – 65 x 98 cm avec le cadre

Biographie : Hollandais de naissance, Otto van Veen (Leyde, c. 1556 – Bruxelles, 6 mai 1629) est un peintre de l’école flamande ayant passé l’essentiel de sa vie dans les Pays-Bas du sud. Suivant un apprentissage auprès de Isaac Claesz. van Swanenburgh, il part en 1574 pour l’Italie afin de parfaire sa culture classique. Il y fréquente l’artiste Frederico Zuccaro, dont l’art coloré lui sert d’inspiration. Quittant l’Italie vers 1580, il voyage dans le Saint-Empire et se met au service de Rodolphe II de Prague et de Guillaume V de Bavière. Devenu membre de la guilde de saint Luc d’Anvers en 1592, il fonde un atelier prolifique et devient le maître du fameux Pierre Paul Rubens de 1594 à 1600. Son style l’identifie durablement aux maniéristes du Nord, tel Bartholomeus Spranger, qui fut également artiste à la cour de Rodolphe II.

Bibliographie :

  • BERTINI, Giuseppe, « Otto van Veen, Cosimo Masi and the Art Market in Antwerp at the End of the Sixteenth Century », , vol. 140, no. 1139. (Fév. 1998), pp. 119–120.

  • Grove Art Online, , [en ligne], consulté le 29 juin 2022.

  • VLIEGHE, Hans, , New Haven, Yale University Press, 1998.

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