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Jeune femme à la voilette rouge, entourage de Pietro Rotari (1707 – 1762)

Huile sur panneau. Italie du Nord, milieu du XVIIIᵉ siècle, entourage de Pietro Rotari

Il y a, dans ce portrait, une manière délicieuse de capter l’instant : celui où la jeune femme, surprise dans un demi‑tour, laisse affleurer un regard vif, presque espiègle. Une lumière chaude vient éclairer les chairs de la jouvencelle, mettant en valeur la fraîcheur de ses traits. Sa chevelure brune, relevée en boucles souples, est coiffée d’une voilette rouge surmontée d’un plumet de perles, détail qui ajoute une note de préciosité discrète à notre portrait. Le décolleté très ouvert de la chemise blanche, animé de plis vaporeux, contraste avec le somptueux manteau de velours bleu bordé de fourrure d’hermine qui enveloppe ses épaules. Le fond brun, volontairement neutre, permet de concentrer toute l’attention sur le visage lumineux de la demoiselle.

Dans la douceur du modelé, la fraîcheur des carnations et l’accent mis sur l’expression plutôt que sur l’apparat, on reconnaît pleinement l’influence de Pietro Rotari et de son entourage. Ce portrait s’inscrit dans cette veine délicate et séduisante du Settecento italien, où les jeunes figures féminines sont idéalisées sans perdre leur naturel, et où un simple regard suffit à créer le lien avec le spectateur.

 

Notre délicieux portrait est présenté dans un cadre en bois sculpté et doré d’époque Louis XIII

Dimensions : 25,5 x 19,5 cm – 32,5 x 28 cm avec le cadre

 

Biographie: Pietro Antonio Rotari (Vérone 1707 – Saint‑Pétersbourg 1762) est l’un des portraitistes les plus raffinés du XVIIIᵉ siècle, à la croisée du baroque tardif et du rococo. Formé successivement à Vérone, Venise, Rome et Naples auprès de maîtres tels que Balestra, Trevisani et Solimena, il assimile très tôt un langage mêlant colorisme vénitien, douceur romaine et théâtralité napolitaine.

De retour à Vérone dans les années 1730, il fonde une école et s’impose rapidement dans les milieux éclairés. Sa carrière prend alors une dimension européenne : il travaille à Dresde, Vienne ou encore Munich, où son talent séduit les cours germaniques. En 1756, il est appelé à Saint‑Pétersbourg par la tsarine Élisabeth Petrovna. C’est en Russie qu’il réalise ses célèbres séries de « têtes de jeunes filles », portraits en buste à la grâce retenue, aujourd’hui conservés à Peterhof et à l’Ermitage.

Son style se distingue par une palette claire, des surfaces lisses, un modelé délicat et une élégance mélancolique qui fait de ses figures féminines de véritables icônes du goût rococo.

4 900 €
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