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Portrait de l'orfèvre B. J. van Assendelft – Werner van den Valckert (1580 – c. 1627)

Hollande, premier quart du XVIIe siècle, attribué à Werner van den Valckert.

Accoudé à une fenêtre dont il paraît surgir grâce à une habile composition en trompe l’œil, un homme nous regarde. Ce personnage tient dans sa main droite une bague finement ouvragée sertie d’une pierre précieuse qu’il semble nous proposer à travers la fenêtre. A observer sa main gauche posée sur l’encadrement, nous pouvons déceler un indice sur le sens de ce portrait. En effet, sa main repose sur une pierre de touche : un minéral très dur constitué de jaspe noir qui permet de contrôler le titre d’un métal précieux. Ainsi l’homme portraituré fait-il profession d’orfèvre (nous dirions joaillier de nos jours), comme en témoignent la réunion de l’outil (la pierre de touche) et de l’objet manufacturé (la bague). Cette œuvre est le second exemplaire d’un portrait que Werner van den Valckert réalisa en 1617 pour le compte de l’orfèvre Bartholomeus Jansz van Assendelft. Ce dernier avait sans doute entendu célébrer son élection en tant que maître de la guilde des orfèvres de Leyde la même année en se faisant portraiturer muni des attributs de son métier. Conservé au Rijskmuseum, le premier portrait est signé et daté dans la pierre de touche. Les deux tableaux présentent une qualité d’exécution semblable et une composition rigoureusement identique, ce qui autorise à penser qu’il s’agit là non d’un travail préparatoire mais d’une copie réalisée par l’artiste lui-même à la demande du commanditaire original, sans doute pour l’offrir en présent à un membre de sa famille ou à sa guilde, comme il était coutume de le faire à une époque où la popularité du portrait s’étendait jusqu’aux familles de la petite bourgeoisie.

La manière de Werner van den Valckert s’inscrit dans un style de portrait encore relativement austère et dépouillé en vogue dans les Pays-Bas du Nord au début du XVIIe siècle, principalement inspiré de l’art de Michiel Jansz van Mierevelt (La Haye, 1567 – Id., 1641). En l’espèce, notre peintre se concentre non sur l’expression des sentiments mais sur la réalisation juste et méticuleuse des étoffes, du visage et des attributs. Les teintes sombres dominent, tant dans les vêtements que dans le fond abstrait devant lequel Bartholomeus Jansz van Assendelft est dépeint. Toutefois, contrairement à ses contemporains, van den Valckert innove en introduisant des poses plus dynamiques dans ses portraits, en recourant par exemple à des compositions illusionnistes comme dans le cadre de cette œuvre.

Nous avons choisi de vous présenter ce rare portrait de joaillier dans un cadre italien en bois sculpté doré et noirci.

Dimension : 66 x 46 cm - 83 x 63 cm avec le cadre

Biographie : Werner van den Valckert (La Haye, c. 1580 – Amsterdam, c. 1627) effectue son apprentissage auprès d’un vitrailliste dont il maria la fille. Enregistré à la guilde de saint Luc de La Haye entre 1600 et 1605, il réalise de nombreuses gravures sur cuivre. Devenu maître de la guilde en 1612, il se consacre dès lors presque exclusivement à la peinture d’histoire et aux portraits. Si l’essentiel de sa clientèle est constituée de bourgeois amstellodamois, il compte parmi ses commanditaires le roi Christian IV de Danemark et probablement le stathouder Frédéric-Henri de Orange-Nassau.

Bibliographie :

  • ADAMS, Ann Jensen, , Cambridge University Press, 2009.

  • Dutch Portraits : The Age of Rembrandt and Frans Hals, (cat. exp. Londres, The National Gallery, 27 juin - 16 sept. 2007), Ed. Quentin Buvelot, 2007.

  • SLIVE, Seymmour, , Yale University Press, 1995.

  • THIEL (van), P. J. J., « Werner Jacobsz. van den Valckert », , 1983, Vol. 97, No. 3 (1983), pp. 128-195.

10 500 €
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